Crédit immobilier : avis de beau temps sur les taux


Par Aymeric Val publié le 08/04/2021 

 

Les taux proposés par les banques restent très attractifs en ce mois d’avril, notamment pour les meilleurs profils qui peuvent emprunter à 1% ou moins sur une durée de 20 ans.

Pour les emprunteurs, la météo du début du printemps demeure au beau fixe ! Selon les remontées des principaux courtiers en crédit immobilier, les taux n’ont pratiquement pas évolué en ce début du mois d’avril par rapport au mois dernier. Ils se maintiennent ainsi à des niveaux inférieurs à ceux de la même période de 2020, et restent proches des planchers observés il y a un an et demi. « Si quelques banques augmentent leurs taux (entre +0,05 et +0,20 point), d’autres baissent les leurs (entre -0,05 point et -0,20 point)Les taux de crédit sur 20 ans reflètent bien ces mouvements hétérogènes : le taux du marché reste stable et les emprunteurs peuvent toujours envisager un crédit immobilier au taux moyen de 1,10%. »

Les banques tiraillées entre des objectifs contraires

On attribue ces mouvements contradictoires à l’équilibre délicat que doivent respecter les établissements de crédits. Ces derniers sont obligés de lâcher du lest pour atteindre leurs objectifs en matière de production et, en même temps, contraintes de préserver leurs marges face aux velléités de remontées des taux longs (dont ceux de l’OAT 10 ans). « D’un côté, elles restent en demande car les objectifs de l’année 2021 sont ambitieux et le premier trimestre a été modéré en termes de production de crédit immobilier. Baisser les taux peut ainsi permettre d’attirer les emprunteurs et de répondre à cette demande. De l’autre, l’augmentation de leur coût de refinancement peut être compensée par une légère augmentation des taux. Entre marge et reconquête, les banques s’interrogent ».

 

Les bons profils toujours (très) bien traités

Un constat partagé, qui mentionne une continuité dans la politique tarifaire des banques sur le mois en cours. « En avril 2021, les taux moyens sont de 1,05 % sur 15 ans, 1,25 % sur 20 ans et 1,45 % sur 25 ans mais on peut obtenir au mieux 0,55 % 15 ans, 0,80 % sur 20 ans et 1 % sur 25 ans, des taux proches des records historiques de fin 2019 ».

D’un autre côté, certains courtiers font état d’une légère détente. « En ce début de mois d’avril, les taux sont globalement à la baisse, bien que quelques rares banques aient décidé de remonter leur barème de 0,05 à 0,1 point. Les premières estimations de taux moyens à partir des grilles reçues sont de 0,84 % sur 15 ans, 1 % sur 20 ans et 1,22 % sur 25 ans ». Mais ce courtier précise que, pour les meilleurs profils, ils sont de 0,7 % sur 15 ans, 0,88 % sur 20 ans et 1,08 % sur 25 ans.

Des conditions d’octroi assouplies, notamment pour l’apport

La vraie nouveauté dans la politique des banques est à chercher dans le relâchement des conditions d’octroi des prêts immobiliers, en phase avec les dernières préconisations du Haut conseil de stabilité financière. De quoi donner un coup de pouce aux revenus modestes et aux primo-accédants. Cet opérateur constate notamment que les banques détendent légèrement leurs conditions sur l’apport. « Il est possible, selon les établissements d’obtenir un prêt immobilier à 110 % ou 100 %, pour des projets de résidence principale ou d’investissement locatif ».

 

La baisse du taux d’usure, une mauvaise nouvelle

Ce tour d’horizon de l’actualité des prêts immobiliers ne serait pas complet sans mentionner l’abaissement des taux d’usure, au-delà desquels il est interdit pour un établissement de prêterAu deuxième trimestre, les banques n’auront pas le droit d’offrir à leurs clients des crédits immobiliers avec taux annuel effectif global (TAEG, incluant, au-delà du taux nominal, les frais de dossier, frais de courtage, coût d’assurance et garanties obligatoires) supérieurs à 2,52% pour les durées inférieures à 20 ans et 2,60% pour les crédits à 20 ans ou plus, hors crédit-relais et prêts à taux variables. « Cette baisse risque de pénaliser les emprunteurs les plus modestes et ceux à qui l’on applique un taux d’assurance très élevé, comme les seniors et les emprunteurs ayant déclaré un problème de santé ».